mardi, 11 novembre 2008

Déconstruction (III)


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©Internet


11 novembre ...

Les hasards de la vie sont parfois curieux. Ce jour, est le jour anniversaire de la naissance de mon père. Il se trouve que c'est aussi celui de la naissance de l'homme qui fut mon beau-père.

Ces deux hommes, si l'on considère l'humain à l'image de Janus, en furent manifestement les deux faces. Des deux grand-pères de mes filles, André a été la lumière quand Marc ne fut que ténèbres.

Ce foutu hasard de la vie, toujours lui, a voulu que mes filles, de leurs grand-pères ne connussent que la face noir.


Tous deux furent des hommes brillants, de fortes personnalités. André, je n'ai eu que le temps de l'aimé. Deux années et demie, seulement. A peine le temps de commencer à le connaitre. Malgré sa bonté, son ouverture à l'autre, exister au coté d'un tel homme fut sans doute difficile, pour sa femme, surement, pour ses enfants, probablement.

Lui était issue d'une famille de petite bourgeoisie rurale. En disant cela, tout est dit sur ce dont il s'est sortie. Sa femme, elle, était issue d'une famille ouvrière agricole immigrée d'Ukraine. Deuxième enfant et première fille d'une fratrie de six, bonne élève à l'école, elle s'est mariée à 20 ans pour s'échapper. Malgré la présence d'André, puis malgré la mienne, ma fille ainée en paie encore aujourd'hui, par delà les générations, le tribu ...

D'André, je garde le souvenir d'un homme affable, sachant vous mettre à l'aise. Là où beaucoup s'empressent à se raconter, lui était curieux de vous, de ce que vous faisiez. Au-delà, ce fut un peu un explorateur de la pensée humaine. Aucun des chemins de l'esprit de l'homme ne fut négligés, de la religion à l'ésotérisme en passant par la science.

Si la vie l'avait accepté, il est probable que de cet homme j'aurais fait un élément de reconstruction ...


Janus B.jpg
©Internet


Mais comme l'indique le titre de ce billet, c'est à la face sombre de Janus que j'ai été surtout confronté. Et c'est de cette face noir dont il est surtout question dans la genèse de ce billet.

Pour tout dire, c'est la concomitance des évènements, plus que la date qui en est à l'origine.


Alors que ma jeune sœur et sa mère ont observé jusque là un silence radio assourdissant, me laissant engager la procédure dont je vous ai parlé lors des épisodes précédents, voilà qu'il y a quelque jours, je reçois de mon avocat un courrier m'indiquant une proposition de leur part.

Comme me le fait remarquer ce dernier, il s'agit là d'un pas significatif en direction d'une reconnaissance des malversations de mon père, malversations dont elles sont les bénéficiaires directes. Certes, sauf que ...


Comme cela a put être lu, je me suis efforcé de faire la part entre l'homme et le malade, attribuant à la maladie mentale l'expression sombre de Janus. Oui. Oui mais, j'ai de plus en plus de mal à faire cette distinction. Il y a eut trop de scélératesse dans cet homme, une bassesse, une perfidie qui semble avoir furieusement contaminé les dernières de ses proches.

Je ne sais pas si elles le savent, si ce n'est pas le cas je le leur apprendrai, mais j'ai découverts il y a deux jours, par l'une de mes tantes, que le vieux salopard avait demandé à ma mère de lui signer un renoncement à sa part de pension de réversion. Ma mère était employée de bureau au SMIC en ayant commencée à travailler vers la quarantaine, étant avant, c'était la norme à l'époque, femme au foyer. J'ignore si elle avait accepté. Et étant morte avant lui, la question ne s'est pas posée. Mais je reste encore pantois de l'ignominie des actes de cet homme.


Et donc, alors, que dans cette affaire  de succession, il s'agit de morale, voilà que ma jeune sœur, sans doute un peu trop imprégnée de son job de jeune businesswoman se met à jouer à la marchande de tapis. Je ne sais pas dans quel monde vivent ces gens. Certainement pas dans celui régi par les valeurs de l'éthique. En tout cas, pas dans le même que moi.

Elle n'est pourtant pas idiote. Mais soit elle ne comprend pas les enjeux moraux de cette affaire, soit elle est à l'image de mon fumier de père. Pour moi la question reste ouverte. A moins que ce ne soit sa mère. Pourtant j'ai un tout autre souvenir de cette femme. Bien sûr elle a été terriblement abimée par mon ordure de père. Ceci explique peut-être cela.


Alors, c'est vrai, leur marchandage sur des sommes déjà symboliques (un rapport de un à cinq, en gros) au regard de la spoliation directe dont a été victime ma mère, d'abord, puis nous, indirectement dans l'organisation de son patrimoine mise en place par mon père, m'a mis très en colère. A cela s'ajoute des appels téléphoniques de cette jeune sœur à mon frère et ma sœur de ma fratrie, dont la teneur montre qu'il était histoire de voir s'il n'y avait pas de failles entre nous.


Et tous ces évènements, ces révélations, font qu'aujourd'hui je n'ai plus envie de séparer l'homme du malade. Pour l'heure je ne vois qu'une ordure monstrueuse qui a fais beaucoup de dégâts, y compris en contaminant de sa perversité certaines de ses proches ...


Alors, malgré toutes les belles choses de la vie, aujourd'hui, je laisse libre cours à ma collère. Et je grogne un grand coup ...



Déconstruction (3).jpg



12 novembre 2008


Un des intérêts d'un blog, c'est de pouvoir s'y exprimer quasiment sans contrainte.
En particulier, il peut faire office de soupape et permettre ainsi à certains excès de vapeur produits en quelque circonstance de s'évacuer sans faire de dégâts collatéraux.


En l'espèce, celui-ci a rempli son role.
Et c'est l'esprit serin que sur les sentiers de la vie, je continue de cheminer ... ;-)


Commentaires

OUch'... elles font peur, ces dents...
Qu'écrire, pour apaiser cette colère ? Rien, sans doute, si ce n'est "putain de famille"... et ça me fait penser que j'ai un mail sur le feu... sourire

Ecrit par : RdT | mardi, 11 novembre 2008

Bonjour Quidam,

C'est un peu délicat à demander d'avantage d'explications dans une histoire si personnelle.

Aussi je pose ma question en sachant qu'il y a une frontière entre ce qu'on est prêt à dire et ce qu'on veut garder pour soi, nous savons les types d'individus qui trainent sur le oueb, et que tu es libre de fixer la dite frontière...

En fait lors de mes deux lectures, j'ai un peu bloqué sur ce passage.

"Malgré la présence d'André, puis malgré la mienne, ma fille ainée en paie encore aujourd'hui, par delà les générations, le tribu ..."

...

Ecrit par : Pablo | mardi, 11 novembre 2008

Oui, RdT, il m'arrive de mordre, rarement, mais ça arrive ... ;-))

En fait, Pablo, cette phrase n'a rien à voir avec le fond du billet, si ce n'est que bien des histoires sont parallèles. Là, c'est une histoire de relation mère-fille qui transcende les générations. Sans l'évoquer directement comme telle, elle est abordée dans ce qu'elle m'a concerné dans les mots à l'âme ... :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mercredi, 12 novembre 2008

Tirer un trait tourner la page mettre un point final, tu crois qu'un jour arrive où nos maux nos mots viennent à bout tabou des murs et des barbelés que les intouchables dressent devant les autres, je pense que oui

Ecrit par : Catherine | mercredi, 12 novembre 2008

Je ne sais pas si tirer un trait à sens, Cath. Ce qui est, demeure. La question est ce que l'on en fait.

Pour ma part, ce coup de gueule que j'ai pris grand plaisir a illustrer ;-), n'est que l'expression d'un instant. C'est d'ailleurs un bon moyen de l'évacuer, justement, cette colère, pour qu'elle ne soit que d'un moment.

Pour tout dire, si j'en conte ici les épisodes au gré des circonstances, cette affaire est loin d'être le centre de mes préoccupations.

La clé est plus dans la domestication, je pense, que dans le trait à tirer ... :-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mercredi, 12 novembre 2008

"Mon fumier de père"
de l'engrais
sur le fumier tu as poussé


"Mon chêne de père"
tu serais dans l'ombre

Admire le soleil au-dessus de ta tête

Ecrit par : Buzz l'eclair | mercredi, 12 novembre 2008

J'admire, Buzz, j'admire ... ;-)

Et ce que tu dis est vrai, mais les choses équilibrées, c'est bien aussi :-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mercredi, 12 novembre 2008

Historia de famille.
Un peu pour cela que je n'aime pas les romans, les histoires sont plus romancées que les romans et à la fin, la différence entre le roman et le réel vient du fait que le réel s'avère bien être réel et le roman, ppprrrrtttt, ne précise pas s'il se trouve être réel.
A la fin, il ne nous reste plus qu'à nous poser la question. Est-ce possible? Et bien oui.
La réalité dépasse allègrement la fiction.

En ce moment, 14-18, une vrai boucherie. Aucun roman n'aurait pu inventer une histoire pareille et les autres guerres qui ont suivies....

Guerre familiale, guerre locale, guerre nationale, guerre internationale.

Ecrit par : den | mercredi, 12 novembre 2008

Tiens au fait je fais des démarches pour reprendre des études en fac, ça doit te dire quelque chose ;-) je ne sais pas si cela va aboutir mais je rencontre beaucoup de soutien, alors on verra si cela se fait ce serait après l'été :-)
Tirer un trait ne veut pas dire barrer son passé :o)

Ecrit par : Catherine | jeudi, 13 novembre 2008

En fait, Den, les relations humaines sont manifestement quelque chose d'une extrême délicatesse que le moindre grain de sable vient perturber. Et histoire d'arranger le tout, nos circuits hormonaux et synaptiques ont une furieuse tendance à amplifier les signaux de façon quelque peu excessive. Ceci expliquant cela, et donc ....

C'est super Cath. Le truc c'est que quand on pense organisation à la fac, on ne voit que les étudiants jeunes. C'est le grand défaut de notre système universitaire à mon avis, de ne pas s'inclure d'amblé dans une démarche de formation tout au long de la vie. Si tu as besoin d'aide, n'hésites pas. En tout cas, la démarche est excellente ... ;-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | jeudi, 13 novembre 2008

"les relations humaines sont manifestement quelque chose d'une extrême délicatesse que le moindre grain de sable vient perturber"

Bien vu

Ecrit par : Buzz l'eclair | jeudi, 13 novembre 2008

Déjà dans les familles qui s'entendent à peu près, il est connu que l'héritage peut occasionner des dégâts irréparables, alors dans les familles déchirées et pleines de ressentiment...
Mais je reste convaincue que les plaies à l'âme sont bien supérieures aux plaies d'argent.

Ecrit par : Cigale | jeudi, 13 novembre 2008

Merci, Buzz ... ;-))

En l'occurrence, Cigale, l'argent n'est qu'un moyen dans cette histoire, ce n'est pas lui qui est en cause. Il s'agit de morale, même plus de plaies à l'âme à ce stade des choses. Mais il est bien certain que les notions de morale et d'éthique sont choses toutes personnelles qui diffèrent terriblement d'un individu à l'autre ... :-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | vendredi, 14 novembre 2008

Je mesure la chance qui est la mienne de n'avoir jamais connu de problemes de ce genre. Je comprends ta colère et la dureté de tes mots.

Ecrit par : macaron | vendredi, 14 novembre 2008

J'ai été chanceux en d'autres domaines, Macaron. Nous savons bien que la vie est d'une profonde inégalité. La dureté des mots libère et permet de continuer son chemin le cœur en paix. Et c'est bien là l'essentiel, n'est-ce pas ... ;-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | vendredi, 14 novembre 2008

Il est des blessures si profondes qu'une vie ne peut suffire à les effacer ! Si j'avais un pouvoir, si petit soit il, j'aimerai permettre la paix entre les vivants de cette histoire... Je connais des familles qui vivent des situations similaires, j'espère en être préservé !

Ecrit par : paysanheureux | vendredi, 14 novembre 2008

C'est très juste PH. Les blessures profondes ne s'effacent pas. On peut juste vivre avec. Ce qui est dommage, c'est quand ces blessures rendent aveugle.

La paix entre les vivants n'est possible que si l'on accepte de voir les blessures de l'autre. Et là est souvent la grande difficulté.

Mais quand en plus les blessures conduisent au culte du mort qui les a infligées, on sombre dans une irrationalité douloureuse qui ne laisse que peu de place à l'espoir de paix ...

Il te faudrait là de vraiment très puissants pouvoirs, PH. ;-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 15 novembre 2008

salut !

suis allé publier ça chez Aiglon Daniel Lattanzio
"Aiglon dans son role : toujours en train de déverser du fiel....

Tu l'as bien relue, l'attaque de Jospin sur les néosocialistes ? Ca ne te rappelle pas les attaques d'un certain B_e_l_g_o sur les socialistes nationaux, dont tu fais partie, dans le PS ? et alors la censure...pour un type qui se prétend rénovateur...beeeeurk !
amitiés bloguesques, l_e B_e_l_g_e"

'M'étonnerait qu'il le laisse, notre Aiglon de la pensée socdem....
J'ADOOORE les rénovateurs. ah c'est du sport, en ce moment.
Ici à Lille c'est tranquille, nous avons nos Royalistes à 15%, la section fonctionne bien..

Ce que j'aime dans le PS, c'est sa capacité de digestion
a te lire,
le Belge
"

Ecrit par : Belgo4.0 | mardi, 25 novembre 2008

Salut Pierrot,

Tu te douteras bien que je suis en total désaccord avec la façon dont tu écris ce que tu écris et que si je ne partage pas sur un certain nombre de point les opinions d'Aiglon, je le respecte et l'estime.

D'autre part, tu auras remarqué que je ne fais pas directement de politique en tant que telle sur ce blog. Ton commentaire n'est donc guère à propos, ni en ce qui concerne le billet, ni en ce qui concerne le blog dans sa nature générale.

Si manifester à l'occasion une opinion sur un des salopards du gouvernement, voir sur un ou une des guignol(e)s du camp d'en face peut trouver sa place dans un contexte particulier, à l'occasion d'une note, les propos touchant nommément et personnellement une personne que certains ici connaissent ne sont pas acceptables.

Aussi seras-tu gentil de ne pas récidiver, étant entendu que par ailleurs et quand tu restes mesuré et dans le ton du blog, j'apprécie hautement ton passage par là.

A+ l'ami. ;-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mardi, 25 novembre 2008

aaaah zut je ne savais pas qu'il était malvenu de parler politique ici. DSL.
je t'ai répondu sur mon blog, alors ça c'est OK ?

bon courage,
amitiés,
le Belge

Ecrit par : Belgo4.0 | mardi, 25 novembre 2008

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