samedi, 21 juin 2008
Déconstruction (II)

Et bien voilà, mes tentatives d'arrangement amiable sont restées vaines.
Et pourtant, je ne demandais pas le rétablissement de l'équité arithmétique. Ma proposition était surtout une reconnaissance symbolique des malversations de mon père, et financièrement le rapport restait de 1 à 5 en faveur de ma jeune sœur, de son frère et de sa mère.
J'ai rencontré ma jeune sœur. Je ne sais pas si elle fait parti de ces gens âpre à la possession. A voir ses réactions et à entendre ses propos, j'en ai presque l'impression. Il m'a semblé qu'elle avait conscience des détournements opérés par mon père au profit de sa mère, de son frère et d'elle-même, et au détriment de ma mère et de ma fratrie. Mais elle considère que ça ne les concerne pas. Il y a là quelque chose qui m'échappe.
Comment en conscience, peut-on jouir de ce qui nous a été donné, quand ce qui a été donné a été pris à quelqu'un d'autre ? C'est une parcelle de l'humain qui restera pour moi éternellement incompréhensible.
La procédure est donc lancée. Les assignations sont parties et ont commencé à être délivrées. Ça va être aux juges de travailler maintenant ...
Le plus étonnant, pour moi, c'est que dans cette affaire, ce sont eux qui risquent ni plus ni moins que de perdre leur maison sur la Côte d'Azur. Moi, au pire ça ne me coutera que quelques milliers euros. Et là le rapport est de 1 à 100. Étonnant, l'humain, n'est-ce pas ...

11:40 Publié dans Histoire de Famille | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note


Commentaires
Au loin l'arbre du Paradis........perdu
Rien ne nous appartient
nous sommes de passage
l'Amour seul construit
Ecrit par : Buzz l'eclair | samedi, 21 juin 2008
"Comment en conscience, peut-on jouir de ce qui nous a été donné, quand ce qui a été donné a été pris à quelqu'un d'autre ?"
Tout dépend, peut être, de la Hauteur de la conscience... et de ce que chacun entend par conscience et scrupules... Ma mère a connu ce type de mésaventures, à deux reprises, et sa seule consolation a été de se dire "bien mal acquis ne profite jamais"...
Oui, on se rassure comme on peut... sourire, je n'ai jamais réussi à la convaincre d'entamer une action judiciaire, alors que dans un cas, comme dans l'autre, un boulevard s'offrait à elle...
Tant pis ! en tous cas, bon courage à toi...
Ecrit par : Rêve d'Eté | samedi, 21 juin 2008
Rien ne nous appartient, Buzz, mais il y en a qui se l'approprie quand même le temps de leur passage ici-bas ... ;-))
Je ne suis pas sûr que l'action judiciaire soit la réponse à tout, Rêve d'Été. Dans ce cas, du moins je le crois, c'est bien de déconstruction dont il s'agit pour moi. Défaire le système mis en place par mon père, système auquel elles ont choisi d'adhérer, peut-être à leur insu au départ, mais en connaissance de cause aujourd'hui.
Le plus idiot dans tout ça, pour elles, c'est que si elles nous avait considéré normalement, à la mort de mon père, jamais je ne me serais engagé dans cette démarche.
C'est devant cette variabilité de la Hauteur de Conscience que je reste interloqué. Mais ainsi semble être l'humain ... :-)
Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 21 juin 2008
je serais de mauvais conseil
il nous est arrivé une histoire un peu similaire
nous n'avons pas fait de proces
nous avons vecu une injustice sans nous sentir "victimes" parce que la Vie nous l'aimons
un peu comme Rêve d'Eté nous pensons que bien mal acquis ne profite jamais
C'est ce qui s'est passé et je t'avoue que la Vie a eté clemente envers nous
cette injustice s'est transformée en chance pour nous......
un peu comme si notre cri avait eté entendu en Haut Lieu
des portes se sont ouvertes...
Bon courage Quid
Ecrit par : Buzz l'eclair | dimanche, 22 juin 2008
Merci Buzz, mais à ce stade, je n'ai plus vraiment besoin de courage. ;-))
Je me suis bien sûr posé la question du pourquoi engagé une action. Victimes, nous l'avons été. Mais certainement pas d'une façon "réparable" par le biais de l'institution judiciaire.
Nous avons, chacun comme nous l'avons pu, gérer ce fait avec plus ou moins de succès. En ce qui me concerne, je ne crois pas, mais là aussi la question peut être ouverte, m'être jamais vraiment vécu en victime. C'est l'analyse, à froid, à postériori, qui me fait penser que d'une certaine façon j'ai du l'être. En tout cas que je le suis d'un point de vue strictement économique, mais ce qui est somme toute quelque chose dont je me fiche.
La justice j'y ai été confronté, personnellement, et pas de mon fait, à plusieurs reprises. Il en découle qu'aujourd'hui, je la vis comme un service publique banale. C'est à dire, sans charge émotionnelle particulière, et donc sans coût psychologique. Maintenant, si j'en ai besoin et si le bilan probable et espéré est franchement positif je n'hésite pas. J'ai un procès en cours contre une assurance et son expert (dans le bâtiment, désolé RdT), l'expert judiciaire vient de rendre son rapport qui met en exergue les manquements de l'expert de l'assurance, et techniquement il n'y a pas photo. L'indemnisation sera le triple de ce que proposait l'assurance. Mais pour un comme moi qui ait trainé l'assurance en justice, combien de personnes se mangent les mal-façons, considérant la justice comme un soucis.
C'est du temps, c'est sûr, plutôt de la patience, en fait. Parce que c'est un ou deux rendez-vous avec un avocat pour définir l'objectif et la stratégie, et puis à lui de faire ensuite. Il est certain que c'est aussi un peu d'argent, et que la justice est donc un service publique mais dont l'accès est en partie réservé à ceux qui ont un peu de moyens.
Cela dit, si jusqu'à maintenant j'en suis à 3 sur 3 de gagnés et un quatrième en passe de l'être, dans le cas présent, le résultat est beaucoup plus aléatoire, même si les faits sont incontestables, preuves à l'appui, leur interprétation par la loi peut prendre des chemins pas forcément logiques pour de simples mortels comme nous. Ce qui fait que ma jeune sœur et sa mère ont certainement été confortées par leur avocat dans le sentiment d'être dans leur bon droit. Morale et Droit ne cheminent pas toujours de paire.
A priori je ne cherchais pas, du moins je le crois, la réparation d'une injustice, mais juste sa reconnaissance ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 22 juin 2008
J'ai de plus en plus pour habitude de penser que la notion de famille s'éteint à partir des cousins et cousines. En fait cette notion s'éteint dès que la moindre parcelle financière existe. Frère et soeur s'éloignent sous les bruissements des billets et le cliquettement des pièces.
Que d'illusions, que d'illusions.
:-((
Ecrit par : den | dimanche, 22 juin 2008
Oui, l'humain est etonnant, mais dès qu'il s'agit d'argent, peut-on encore parler d'humanité ? En fait à ce niveau là, plus rien ne m'etonne !
Ecrit par : macaron | lundi, 23 juin 2008
Transmettre une parole qui fait vivre
où
transmettre des biens et de l'argent?
Transmettre du vivant
où
transmettre du périssable
du mortel?
Ecrit par : Buzz l'eclair | lundi, 23 juin 2008
Mon histoire personnelle, Den, fait que pour moi la notion de famille est plus une question de cœur que de sang. :-))
L'argent ne devrait être qu'un moyen, et seulement d'échange. On en a fait un instrument pour certains et un objet de possession pour d'autres. L'humanité, Macaron, n'en reste pas moins la somme de nous tous, les "bons" et les autres ;-))
Rien à voir avec le sujet, Buzz, mais tes mots me font penser à une interrogation que je me suis faite ce matin en lisant un blog évoquant le passage à tabac d'un jeune juif. La transmission de la parole, à travers les générations et les âges, me semble tout autant porteuse de risques, dans ce qu'elle peut véhiculer de sentiment négatif, que la transmission de biens et d'argent. La parole qui fait vivre, la tienne n'est probablement pas celle de l'autre, et là, les problèmes commencent ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 23 juin 2008
Ma mère ne possède rien (en location) je ne possède rien non plus je suis aussi en location, je n'ai jamais aimé posséder - donc je n'attends rien, je vis au jour le jour
et je me sens libre - enfin libre, je suis handicapé des suites d'un attentat terroriste, j'ai donc une pension et une indemnisation, et je n'ai pas d'enfant, donc tout est assez simple
je n'ai pas de racine, je change de ville assez souvent, je traverse la vie avec le baluchon de mes biens
Merci d'être passé sur Broadway
Ecrit par : Jack NYC | lundi, 23 juin 2008
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