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samedi, 16 février 2008

Déconstruction (1).

 
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                                                 ©Internet

 

Je vous ai conté mon histoire de famille, enfin une partie, s'entend, ainsi que son épilogue. En fait, il serait plus juste de dire qu'il s'agissait de l'épilogue d'un premier acte, celui de l'émancipation de votre narrateur vis à vis de son père. 

Le bonhomme ayant cassé sa pipe, et aujourd'hui, presque un an plus tard, ne sachant toujours pas s'il a été enterré ou incinéré, ni où peuvent être les quelques restes qui peut-être subsistent encore de ce qui fut sa personne, nous abordons la partie suivante de l'histoire. Le deuxième acte en quelque sorte de cette histoire de famille, à savoir, la succession du bonhomme. 

 

Ouverture de la succession donc.

 

J'avais évoqué, dans le petit livret en ligne, la manipulation de l'homme pour déposséder sa première épouse, ma mère, des biens communs à l'époque de leur divorce, et ses enfants du premier lit, dont moi, de son patrimoine, par la suite. Et bien, après longues réflections, je ne saurais dire si l'on peut parler de mures réflections, j'ai donc décidé de déconstruire ce que mon cher père avait patiemment élaboré à l'encontre de ma fratrie.

Il s'agit là, essentiellement d'une démarche à caractère symbolique dont les fondements sont surtout psychologiques. Son aspect pécuniaire, réel et présent, est avant tout porteur de la représentation que mon père y a mis lui-même. C'est par l'argent, qu'il s'est vengé de ma mère, de façon directe en la privant de l'essentiel de sa part des biens communs lors de leur séparation, puis indirectement en écartant autant que faire ce peut, les enfants de son premier lit de son patrimoine. C'est donc par l'argent, que j'entreprends, symboliquement, de déconstruire ce qu'il a construit.

 

La donation, à l'origine du psychodrame, et qui vous vaut de lire aujourd'hui cette histoire, entreprise par mon père en 2004, avait pour objet de parachever ante mortem son œuvre de vengeance à l'égard de sa première épouse. Mais la couleuvre n'est pas passée. Le bonhomme vieillissant, avait perdu une grande part de son habileté manipulatrice. Et il a mal calibré le diamètre de la couleuvre.

Ayant perdu son procès contre moi pour récupérer l'argent de la donation, il a alors tenté d'imaginer d'autres choses.

A l'ouverture de la succession par le notaire de son épouse, ne voilà-t-il pas qu'il s'avère que non seulement le bonhomme n'a pas un sous sur aucun compte, mais qu'en plus il est couvert de dettes à l'égard de son épouse et de leur plus jeune fils, environ 20 000 €. En 2004, au moment de la donation, il y avait 20 000 € que ma sœur a refusé de prendre. Ce sont donc 40 000 € qui se sont évaporés. Curieusement, quand j'ai demandé à quoi avait servi cet argent, refus de répondre de l'épouse de mon père. Pour tout dire, la ficèle est grosse. Mon jeune demi-frère est un peu dobot, comme on dit par chez moi. Mon père a donc compté sur le fait que l'on oserait pas contester de l'argent à ce jeune demi-frère en raison de son état. Il faut savoir, que ce dernier a néanmoins un métier, celui d'ouvrier jardinier, que même si l'on est là assez éloigné des canons sociaux familiaux, il est autonome, s'assume parfaitement et ne risque donc pas particulièrement de se trouver démunis dans l'avenir. Il y aura toujours des gens aisés, surtout sur la cote d'azur ou il vit, ayant besoins de services de jardiniers.

Reste un appartement, impossible à dissimuler lui. Celui, qui évalué à 40% de sa valeur dans le projet de donation à mis le feu aux poudres. C'est cette évaluation à 40% non assumée qui avait été la couleuvre indigeste. Là, dans l'ouverture de la succession par le notaire, il reste encore sous évalué par l'épouse de mon père, environ 75 % de sa valeur.

En fait, si on compte bien, les évaluations et les dettes sont calibrées pour qu'avec la donation pécuniaire de 2004, mon frère et moi ne récupérions rien d'autre. C'est presque risible de grossièreté. Mon père nous avait habitué à mieux en matière de finesse manipulatrice.

 

Pour couronner le tout, j'ai découvert que le vieux bonhomme s'était fendu lui aussi d'un petit livret, une histoire de famille vue avec son regard. Il l'a rédigé en réponse à mon propre livret, dont il a pris connaissance dans le cadre de son procès contre moi puisque je l'avais versé comme élément au dossier.

Mais il y a deux différences de taille entre son écrit et le mien. Si je vous l'ai livré ici, sous anonymat, et avec une diffusion restreinte, lui a fait éditer le sien, sous son nom, et donc le mien ... C'est la première différence. La seconde, c'est que lui ment de façon éhonté dans son écrit. Tous ce que moi j'ai écrit, ainsi que ses mensonges, sont vérifiables sans difficulté. Son écrit est un pathétique pamphlet calomnieux à mon égard. Et j'y suis parfaitement identifiable. J'ai donc obtenu de son éditeur le retrait de ce livre dont la diffusion n'avait pas encore commencé.

 

Bref, ces ultimes manœuvres, le comportement de son épouse et de ses enfants à mon égard au moment de sa mort, m'ont décidé à franchir le cap et à passer à l'acte, comme on dit. J'ai donc entrepris avec l'aide de mon notaire et de mon avocat des recherches pour reconstituer, pièces juridiques à l'appui, l'histoire patrimoniale de mes parents puis de mon père. Je dois dire que mes découvertes ont été fortes intéressantes.

Je vais donc demander un ouverture judiciaire de la succession, histoire de remettre d'équerre un certain nombre de choses. L'acte d'assignation est prêt. Je vais proposer une négociation à l'épouse de mon père et ses enfants. Et on verra comment les choses évoluent.

Mais pour l'instant, j'interromprai là mon récit. Je vous raconterai la suite quand l'affaire sera plus engagée si c'est la voie judiciaire qui prend le pas, ou quand elle sera close si la voie de la raison et de la négociation prime ...

 

 

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C'est pourtant mignon à cet âge là ... :-)

 

 

Commentaires

j'ai lu avec intérêt la saga familiale. J'aime bien la façon dont tu en parles, la plupart des gens s'abstiennent en général de parler de ça; J'espère que vous arriverez à une transaction, mais parfois le procès est nécessaire, pour parachever la déconstruction.
Le pb des procédures c'est que c'est des années de prise de tête.
bref,
je ne sais plus quoi dire,
je te remercie d'être passé sur mon blog.
et je me demande ce que fabrique notre amie B. Peut-être en vacances??
bon week end.

Ecrit par : if6 | samedi, 16 février 2008

Je suis là ;-) jamais très loin, mais comme se plait à dire souvent notre Ami Quidam, quand on a rien a dire, vaut mieux s'abstenir.
ceci dit pour avoir lu aussi l'histoire, j'imagine qu'il vaut mieux larguer les fantômes du passé pour entreprendre la route vers un futur, un avenir plus lumineux.

Ecrit par : bougrenette | samedi, 16 février 2008

Si procédure il doit y avoir, If6, c'est effectivement un coup de cinq ou six ans. Mais, pour moi, c'est une question de patience, pas de prise de tête. Il y a déjà pas mal de temps que j'ai pu démythifier la chose juridique. Et je ne vois la justice pas autrement que comme un instrument au service des gens que nous sommes.

L'enjeu, pour symbolique, et important, qu'il soit, n'est pas cependant quelque chose de majeur. Surtout, il ne conditionne pas ma vie. C'est plutôt une question de principes. Principes auxquels je suis attachés, par éducation, par culture. Mais je n'en serai pas malade si l'issue de la procédure devait m'être défavorable. L'argent qu'il y a à la clé, je n'en ai pas besoin et je ne l'attends pas. Ce sera juste un bonus dont j'aurai l'usage s'il arrive, mais rien de plus. L'essentiel, pour moi, sera, je crois, la reconnaissance de la déconstruction.

Mon ami Buzz, sur le blog d'un autre de nos amis, a parlé de hache pour rompre des liens à une certaine époque de sa vie. Il s'agit certainement là, pour moi, de l'ultime coup de hache pour me libérer intégralement de ce qu'a été cet homme pour moi. Mais la bride restante est cependant très tenue, même si j'ai décidé d'utiliser une hache pour la rompre. Je me demande même, s'il n'est pas purement fantomatique ce reste de bride. C'est pour cela, que j'aborde tout ceci avec ce qui me semble être pas mal de sérénité. Même si l'écrit, est une manière d'assoir cette sérénité. :-)

Pour B, j'espère effectivement que ce sont les vacances et non le blues qui expliquent son silence ... Té, en même temps que je rédige ceci, voilà un commentaire de B qui arrive. Et donc B. est toujours là ...

Merci à toutes deux de vos mots ... :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 16 février 2008

C'est magique ;-)
Faut faire attention avec les Haches, va pas te couper un bout de quelque chose par accident.

Ecrit par : MadameB | dimanche, 17 février 2008

J'ai appris à manier la hache dès l'âge de six ans, pour faire du petit bois, pour allumer le feux dans le fourneau. Il m'en reste quelques cicatrices sur les mains, rançon de l'apprentissage. Mais devenu grand, je ne me suis plus blessé avec cet outil fort utile par ailleurs ... :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 17 février 2008

couper un lien c'est comme couper un bout de soi
bien sur qu'il va se blesser le Quid!
et alors?c'est la vie!

Pense au large qui t'attend l'ami
les cicatrices
les boiteux
les blessés
Nous sommes tous sur le pont
Debout

Ecrit par : Buzz l'eclair | lundi, 18 février 2008

C'est un peu de folie de laisser les enfants jouer avec une hache.
Mon ex-amie c'est retrouvée, jeune, amputée de deux doigts, elle tenait le bois que son frère à voulu couper à la hache!
Ceux qui t'ont laissé à six ans avec une hache dans les mains...
La photo du petit...Un monde avec celui d'aujourd'hui...

Ecrit par : den | jeudi, 21 février 2008

Il ne faut pas fuir le danger Den, mais apprendre à le maitriser, à l'apprivoiser.

Le petit de 10 mois sur la photo, m'a appris a utiliser la hache. Et ça, je le garde comme une des choses bonnes et positives, un des bons souvenirs liés à cet homme dont je suis content aujourd'hui qu'il soit mort. J'ai toujours mes doigts, et juste quelques cicatrices.

C'est aussi ça la vie, et je crois que là, Buzz me comprend ... ;-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | jeudi, 21 février 2008

Nous aussi on jouait avec les haches on se fabriquait des arcs avec des fleches en bois si pointues que ma cousine s'est retrouvée avec d'entre elles plantée dans le mollet .

Ecrit par : catherine | samedi, 23 février 2008

l'une diantre elles ça fait mal

Ecrit par : catherine | samedi, 23 février 2008

Ça fait mal, c'est sûr. mais ça fait aussi des souvenirs ...

Quand on est parent, et que l'on est confronté à l'acceptation d'une prise de risque, pour son enfant, il faut se remémorer ce que l'on ressentait en situation analogue, quant on était enfant. Après on analyse les conditions et on décide. C'est comme ça que j'ai pratiqué. Ce n'est pas facile. :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 23 février 2008

Lorsque je travaillais avec des petits en halte garderie il m'a bien fallu un bon mois avant que je n'arrête de sursauter à la moindre chute loll et à ne point me précipiter sans faire houlala.. mais maintenant je maitrise un peu mieux
Mais lorsque je me rappelle de mes frasques genre monter sur le faîte d"une maison à trois étages où jouer à mettre le feu à des bombes aerosols ouille !!!

Ecrit par : catherine | lundi, 25 février 2008

Dis, c'est normal que toute la partie droite de ton blog (où l'on retrouvait les liens, le calendrier, les notes récentes etc) est disparu ?

Ecrit par : Pablo | mercredi, 27 février 2008

Le moteur de HautEtFort vient de faire l'objet d'une mise à jours, Pablo. Tu as du tomber au mauvais moment. Là, pour moi, sur ma machine, tout est normal.

Oui Cath, cet après-midi, en discutant avec mon beau-frère, on s'est fait la remarque que l'on avait pas le droit de censurer un enfant, au nom de notre émotivité. Féminin, Masculin ? La frontière entre protection et censure est toujours délicate à déterminer ... :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mercredi, 27 février 2008

hello, ! elle chauffe? oui, bon, je sais c'est pas drôle!
alors oui
c'est quand même difficile d'être parent ,
voilà à part ça, pas grand chose à dire
je passais juste te dire
bonjour.

Ecrit par : if6 | mardi, 04 mars 2008

Si c'est à une future note, que tu fais allusion If6, non, elle ne chauffe pas. Je suis de ceux qui écrivent pour eux-même, et qui partage ensuite leurs écrits, enfin, une part de leurs écrits.

Amoureux de la liberté en générale et de ma liberté en particulier, je suis un fervent opposant à toute contrainte.

En fait, je suis dans la préparation d'un prochain voyage en Nouvelle-Calédonie du 1er avril au 10 mai environ, semi-professionnel, semi-personnel. Et ça m'occupe bien ... :-)

Pour reprendre le thème de la discussion, je ne sais pas si c'est d'être parent qui est difficile. Je croix plutôt que c'est de se libérer des projections que l'on fait sur nos enfants, de notre émotivité. Je crois, qu'en étant parent, beaucoup d'entre nous se retrouve en fait face à une eux-même qu'ils ne comprennent pas forcément très bien. :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | mardi, 04 mars 2008

il n'y a pas que les parents je pense que c'est le cas pour les adultes en général, dès qu'on est en contact avec des enfants, à la halte garderie je n'avais pas encore Minimiel :-))
Mais c'est sûr que les projections la plupart du temps sont des espèces d'extensions tentaculaires parasitaires et incompréhensibles mais pas toujours loll

Ecrit par : catherine | mercredi, 05 mars 2008

Ce n'est pas difficile d'etre parent
ce qui est difficile c'est d'etre un fils

Ecrit par : Buzz l'eclair | jeudi, 06 mars 2008

L'un est corolaire de l'autre, matinal ami.

Si le fils ou la fille n'a d'autre choix que de vivre et subir, au moins le temps de l'enfance, le père et la mère, eux sont confrontés aux choix qu'ils ont ou non d'être ce qu'ils sont selon la conscience qu'ils ont ou non de ce qu'ils sont.

La douleur et la souffrance peuvent être vives de ce que l'on sait sans y avoir accès ...

En résumé, à mon avis, c'est l'interaction affective des êtres qui est plus ou moins difficile, selon les êtres. :-)

Je suis convaincu que mon père, conscient, à souffert de ce qu'il a fait, au moins autant qu'il a fait souffrir. Et j'en connais d'autre, autour de moi, qui des degrés bien moindre, sont dans un schéma analogue.

Mais c'est aussi ça, la vie ... :-)

Ecrit par : Quidam LAMBDA | jeudi, 06 mars 2008

Je crois que c'est Freud qui disait "parents, quoi que vous fassiez, vous le ferez mal" ;-)

Ecrit par : Pablo | jeudi, 06 mars 2008

ça c'est sûr loll

Ecrit par : catherine | samedi, 08 mars 2008

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