dimanche, 25 novembre 2007
Les capitaux, le communisme et la fuite ...
Des mots. Toujours des mots. Oui, mais ....
C'est un livre que j'ai lu il a plus de vingt ans. L'éloge de la fuite, d'Henri Laborit. Il y explique comment, biologiquement, l'humain se rend malade en s'enfermant dans des situations dont il ne sait sortir. Henri Laborit est l'homme qui a découvert les médicaments psychotropes. C'est lui qui a trouvé la première molécule de ce type, mise sur le marché. Il était médecin militaire, ce qui ne veut rien dire, parce que bien qu'il ait fini avec le grade de général, il en a fait voir des vertes et des pas mures à bien des généraux. C'était aussi un homme
que son expérience des champs de batailles, des laboratoires et des hommes, a conduit à s'interroger sur l'homme, son comportement, son environnement, bref sur l'animal social, dénommé humain.
La fuite est l'une des trois options de survie graver dans nos gènes par la sélection et la spéciation. Les deux autres sont la planque et le combat. Les plus braves, selon certains, les plus crétins, selon moi, vous dirons que le combat est la solution la plus noble. Si je devais hiérarchiser ces options, sans autres analyses, je place la fuite en un, la planque en deux, et le combat en trois.
La planque, c'est celle que j'utilise principalement pour l'heure. Elle n'est pas terrible. Elle enferme. C'est celle qui conduit un important pourcentage de nos semblables à se gaver de ces fameux psychotropes. Mais notre possibilité de choix entre nos trois options de survie est parfois limitée. Quand on donne le jour à des enfants, quand on s'engage auprès de quelqu'un, on inclut de fait ces enfants, ce quelqu'un dans notre équation de survie. Le nombre réduit la mobilité. Le nombre réduit ainsi les chances de réussite de l'option fuite. La planque devient alors l'option numéro un. Pour moi du moins.
Le jour où mon équation de survie le permettra, l'option de la fuite reprendra sa première place. Pour l'instant, je me cache de ce monde si laid, et je ne fuis que dans les songes ...
Mais ma survie est-elle en question, me demanderez-vous ?
Ma survie physique, probablement pas. Ma survie en tant que structure psychique, j'ai l'impression que oui. Ho, non pas que la folie me guette. L'agencement des neurones et des circuits cérébraux, support de ma psyché semblent fonctionner à peu près correctement. Pour le coup, et pour ma part, je n'use d'aucun psychotrope. Alors ou est le danger, quoi fuir ?

Simplement un monde dont l'organisation est en total désaccord avec ce que je crois être l'être humain. Un monde, où le Capital est à la base des relations entre les humains. Un monde, où l'appropriation du capital par des individus au dépend d'autres individus est légitimé.

Le monde dont je crois qu'il devrait être, est un monde, où tout humain dispose de ce dont il a besoin. Un monde ou les richesses produites sont partagées entre tous et dont l'administration est l'affaire de tous. Bref un monde communiste (Et je remercierai le lecteur de ne pas confondre communisme avec URSS, Chine, Cuba et Chavez). Un monde qui ne semble pas avoir encore existé dans l'histoire récente de la civilisation humaine.
Alors, comme j'appartiens à cette espèce dont la principale caractéristique sélectionner par l'évolution est l'adaptabilité, je me suis construit une bulle, en prélevant comme mes semblables, dans la production humaine, ce qui est nécessaire à mon individu, où je me cache, en attendant de pouvoir prendre la fuite pour vagabonder si possible là où l'organisation des hommes n'a pas trop de prises ...

©Internet pour les illustrations ...
18:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note


Commentaires
tu peux sortir de ta cachette!
ta bulle n' est pas étanche !
le combat Quid est necessaire pour un Vivant
seuls les morts ne luttent plus
le communisme comme tu l'entends existe
une petite tribu hors du commun le pratique: LES SENTINELES
sans contact avec l'exterieur
petit peuple pour les uns
peuple majeur pour d'autres
Ecrit par : Buzz l'eclair | dimanche, 25 novembre 2007
Ma bulle n'est pas étanche, Buzz, non, c'est un refuge, pas un cloître. Elle est confortable, bien chauffée. Froidure, Trajet en vélo, cours à la fac, un quotidien que beaucoup pourraient envier et dont je me satisfais sans faire la fine bouche.
Pour ce qui est du combat, je reste, bien vivant, sur ma position. Fuite, planque, et combat seulement quand aucune des deux premières options n'est possible. :-))
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 25 novembre 2007
le confort tue la liberté l'Ami
le cloitre est ouvert sur le ciel
on y voit le soleil ;-)
Ecrit par : Buzz l'eclair | dimanche, 25 novembre 2007
Mais quand le ciel est sombre et que les bourrasques de vent glacial rugissent en tourbillonnant, comme en ces temps troublés de marché triomphant, le cloître est un piètre abri. Il te faut un lieu plus protecteur pour attendre le retour du soleil ... ;-)
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 25 novembre 2007
le soleil brille dans le regard du frere qui deambule dans le cloitre
les marchés ne pourront ni acheter ni eteindre ce rayon infime de lumiere
Ecrit par : Buzz l'eclair | dimanche, 25 novembre 2007
Oui, mais là, nous ne sommes plus sur les mêmes plans temporels ... Tu vois l'inanité du combat, même amical, même à coup de simples mots ...
Allez, je te laisse une dernière répartie pour conclure si le cœur et l'âme t'en disent ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 25 novembre 2007
J'ai aimé lire ces mots aujourd'hui cette bulle parle à ma bulle. Et je me glisse ici, en parenthèses, entre deux réparties qui ajoutent à la richesse des mots.
Ecrit par : Bougrenette | lundi, 26 novembre 2007
Riches, les mots, mais tellement traitres à la pensée parfois ... :-)
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 26 novembre 2007
traitres non je dirais indisciplinés, rebelles, tellement compliqué finalement de les aligner de façon cohérente, claire, précise, faire en sorte qu'ils soient beaux enfin essayer un peu, se battre (c'est mon cas) avec l'orthographe, buter sur un mot en changer, regarder l'heure, penser à autre chose sans rapport ou trop, vouloir les sortir vaille que vaille, rompre en quelque sorte la bulle. Je suis souvent hors sujet, faut me pardonner, j'ai aussi un problème avec les points de suspension ... ;-)
Ecrit par : Bougrenette | lundi, 26 novembre 2007
Magie des blogs. Dialogue en écho à quatre voix ... Deux blogs ... Deux blogueurs ...
Donc, traitre, le mot prononcé. Distortion entre la pensée, le mot émis, le mot entendu et pour finir le mot compris ...
Et puis si la langue est un véhicule commun de la pensée. L'évolution des langues dans le temps, si besoin est, démontre comme on s'approprie le véhicule et comme on le personnalise. Au point que les mots finissent parfois par voir une résonance unique, propre à soi ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 26 novembre 2007
J'ai l'oeil j'ai bien vu le changement de couleur Monsieur Quidam ;-) je râle pour la forme.
Je reconnais en cette magie, ce dialogue, la vieille habitude des forums et je ne pense pas me tromper beaucoup (ceci dit je me trompe souvent donc c'est pas une référence).
C'est surement cette résonance unique qui en fait toute la richesse, mais effectivement la compréhension n'en est pas facilité.
Ecrit par : Bougrenette | lundi, 26 novembre 2007
ce Monsieur Quidam qui sonne comme un "Monsieur Frodon"
Mot precieux
la quete commence...................;-)
Ecrit par : Buzz l'eclair | lundi, 26 novembre 2007
le communisme et la bulle. La bulle étanche, la bulle tribu, la bulle illusion... Et des échecs qui ont fait mal à notre XXè siècle. Je te retrouve dans ta critique du monde écrasé par l'argent, dans ta vision du commuinisme. Je n'en suis ni à fuir ni à me planquer. Mais je souffre de voir notre époque engluée dans un si épais brouillard...
Ecrit par : Oh!91 | mardi, 27 novembre 2007
Tout dépend de l'intensité de la souffrance et de sa gestion ...
En ces temps obscures de bas moyen-âge économique, le fait est que chacun fait comme il peut ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | mardi, 27 novembre 2007
Et encore, tu n'es pas obligé de porter des cravates !!!
je prends note et fais mienne ta théorie de la bulle.
Ecrit par : pépin | mercredi, 28 novembre 2007
Effectivement, j'ai relégué depuis longtemps les cravates ... Seule concession, j'ai renoncé au chapeau de brousse en ville et en cours ... :-))
Ecrit par : Quidam LAMBDA | mercredi, 28 novembre 2007
Moi j'ai trouvé ton blogue chez Léa.
J'ai été très marquée par "L'éloge de la fuite" et c'est aussi ma stratégie préférée.
J'avais aussi beaucoup aimé le film, "Mon oncle d'Amérique". Depardieu n'était pas encore trop con.
Ecrit par : Rosa | lundi, 03 décembre 2007
Oui, Rosa, Laborit a fait parti de ces Grand Monsieur relativement peu connu que sont un certain nombre de scientifique ayant pris le temps de méditer sur la vie ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 03 décembre 2007
Bonsoir.
Ayant vécu dans un pays " ex-communiste" - mais je vous l'accorde, le communisme n'a pas existé, il y a eu le totalitarisme et une autre sorte de bulle, opaque et sale moralement parlant , un rideau noir- je n'ai aucune nostalgie. Relisez " La Ferme des animaux", vous comprendrez pourquoi.
Ce qu'il nous faudrait ce serait un plus d'humanité, quel que soit le " régime". Mais où la trouver ?
Ecrit par : Dana | dimanche, 09 décembre 2007
Pour le moment, à part dans nos cœurs, j'avoue humblement ne pas avoir de réponse, Dana.
Mais pour avoir échangé avec des gens vivant au Kamtchatka, le libéralisme sauvage des années 90 les a terriblement paupérisés. L'autoritarisme d'aujourd'hui leur redonne à manger ... Alors, là aussi, vastes thèmes de débats ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 09 décembre 2007
C'est en regardant dans la bibliothèque d'une de mes cousines que je suis tombé sur le livre de Laborit. Le titre m'a de suite interpelé. Mais paresse oblige, j'ai pris le livre, j'en ais feuilleter quelques pages et je l'ai mis dans mon armoire... et un jour je le sortirai.
Ecrit par : Pablo | mardi, 11 décembre 2007
Et bien ami Pablo, je ne peux que t'inviter à faire que ce jour soit proche. J'avais à peine quelques années de plus que toi maintenant, quand j'ai lu ses livres, au Professeur Laborit ...
Et sais-tu que j'ai eu le privilège d'avoir comme prof en DEA de pharmacochimie moléculaire, le pharmacien qui a synthétisé les molécules sur lesquelles travaillait Laborit.
Ecrit par : Quidam LAMBDA | mardi, 11 décembre 2007
J'ai lu l'introduction et une partie du chapitre sur l'amour. C'est incroyable comme chaque mot compte chez lui, il brode pas quoi. Les propos sont un peu impermeables pour un esprit non initié.
Mais une question me taraude vis à vis de la fuite. Je crois qu'il la présente comme un moyen de preservation de l'être, notamment par l'imaginaire par nature non pénétré par les autres. Mais est-ce que l'imaginaire, la fuite, n'est-ce pas un pas vers l'isolement et donc à terme, le dépérissement de l'être ?
Ecrit par : Pablo | vendredi, 21 décembre 2007
La fuite par l'imaginaire, au-delà d'un certain seuil, c'est la bascule dans la folie. La plupart des phénomènes, Pablo, ont deux faces, une sombre, et une claire. L'expression artistique est la face claire de l'imaginaire. Mais tout le monde n'a pas la chance de pouvoir l'exprimer.
Dans le processus de fuite, l'imaginaire, lorsqu'il bascule dans la face sombre est précisément une impasse. C'est pourquoi la fuite n'est pas l'unique stratégie de survie. Il faut parfois fuir une situation autrement que par l'imaginaire. Et si la fuite physique est impossible, alors il n'est d'autre choix que d'accepter de se battre.
Ma lecture est ancienne, mais je crois me souvenir qu'il ne préconise rien, il décrit seulement les processus. A nous de les comprendre, et de choisir les comportements optimum, tant en fonction de la situation que de soi ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | samedi, 22 décembre 2007
le peintre Ingres parlait de son imagination comme d'une bonne compagnie preferable aux mondanités
Ecrit par : Buzz l'eclair | samedi, 22 décembre 2007
Merci Quid' pour tes explications. Bon, j'en suis qu'au début du livre et je crois qu'il me faudra plusieurs lectures pour bien saisir les propos de l'auteur. A+
Ecrit par : Pablo | samedi, 22 décembre 2007
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