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samedi, 19 mai 2007
Sismicité ...

Parce que, je crois, il peut être utile, pour soi d'abord, pour les siens ensuite, et peut-être même pour les autres, tout simplement, de replacer les évènements et les vécus dans des cadres plus posés, je reviens sur les derniers avatars de ma vie émotionnelle.
Aussi choquant que peuvent paraitre les faits que j'ai relatés, concernant la mort de mon père, il ne s'agit pour moi que d'une réplique, d'une ultime réplique même. Après ça, de ce coté là du moins, il n'y a plus de danger pour moi. Mes liens avec ma belle-mère et ma jeune sœur étaient déjà ténus. Il ne peut plus rien m'arriver par là.
Le séisme, c'est il y a trois ans, qu'il a eu lieu. Il a fait des dégâts. Et comme après tout tremblement de terre assez violent, il faut réparer, reconstruire. Cela prend du temps, parfois même, beaucoup de temps. Un temps qui peut se mesurer en années. La vie est aussi une école de patience ...
Dans cette tectonique de l'humain, la faille a été la maladie mentale de mon père, sa paranoïa. Un père et un fils sont aussi intimement liés que les deux bords d'une faille, dans les entrailles de la terre. Pendant 48 ans, les tensions se sont accumulées, avec de nombreuses secousses, jusqu'à atteindre un point de rupture, avec les premières secousses violente en mai et juin 2004 et le big one lui-même en juillet 2004. A suivi une réplique juridique au printemps 2005.
Aujourd'hui n'est que l'ultime.
Alors, oui. Une réplique peut provoquer quelques meurtrissures. Il serait mentir que de dire que je passe au travers de ce dernier épisode sans ressentir quelques brulures. Cela n'a cependant rien à voir avec le ressenti du vécu passé. Ce billet, est en quelque sorte un billet de clôture, je pense, quant à mon vécu émotionnel relatif à mon père. Cet homme était un homme malade, dont les actes ont été le fruit de sa maladie. Il est donc à mes yeux, irresponsable. Progressivement, les sentiments du cœur rejoignent ceux de la raison. Je crois pouvoir penser à lui aujourd'hui sans ressentiment, sans haine. Seulement avec tristesse. Une tristesse pour ce qui n'a pas été vécu. Une tristesse de voir à quel point sa propre vie lui a échappé. Bien sûr, je le qualifierai sans doute encore de temps à autre d'enfoiré. Ses actes, son comportement ont été ceux d'un enfoiré, ceux d'une crapule. Mais c'est le malade, l'irresponsable qui a été un enfoiré, une crapule. Mon père, lui, c'est autre chose.
Je ne reverrai sans doute jamais sa deuxième épouse, qui a mon âge, et qui, je crois, a fait sien les délires de mon père.
Comme je l'ai imaginé dans mon histoire de famille, peut-être qu'un jour, ma jeune sœur, progressant sur les chemins difficiles de l'âge adulte, portera un autre regard sur tout ceci. Pour l'heure, nos vies ont divergé, comme avec mes autres frères et sœurs d'ailleurs. Et pour tout dire, que cette divergence des destinées soit définitive ou pas m'importe assez peu aujourd'hui.
Peut être en raison de cette fameuse faille, qui plonge ses racines loin dans le temps, les liens du sang, pour moi, n'en sont guère en fait. Seuls ceux du cœur ont sens dans ce qui est ma vie d'aujourd'hui.
Et ce sont eux, ces liens du cœur, dont certains ont été profondément abimés par le séisme, après avoir été entamés par les secousses préalables, qui sont au centre de mes préoccupations de l'instant ...

19:00 Publié dans Histoire de Famille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
"C'est un chapitre du livre de ma vie qui s'achève ici, tournons la page"...
Ecrit par : Pablo | lundi, 21 mai 2007
Yes ... ;-))
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 21 mai 2007
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