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dimanche, 17 septembre 2006
Le jour d'après, qui précède le suivant ...
« … Ce jour là, un jour pluvieux comme ceux de novembre, où l’eau ne cesse de tomber, il cheminait sur les pentes abruptes de ses songes. La poitrine enserrée, lourde, il marchait depuis de longues heures déjà. Les filets d’eau ruisselant sur ses joues dissolvaient et emportaient le sel que d’autres gouttes y déposaient. Le sentier caillouteux serpentait entre les arbres, une brume épaisse, masquant leurs sommets, créait ainsi une sorte de tunnel. En fait, le brouillard, dense, estompait le chemin, en amont, comme en aval. C’est donc dans une sorte de bulle, l’isolant du monde, qu’il progressait ainsi, grimpant toujours, en direction des hauteurs. Ce qu’il cherchait ? Une porte, une sortie.
Dans la poche de sa parka une lettre était déjà écrite. Depuis maintenant de nombreux mois, il portait ces mots couchés sur le papier, serrés contre son cœur. Il lui disait son amour, celui pour ses filles aussi. Il lui racontait la beauté du ciel et de l’absolu, celle des espaces infinis, l’esthétique du néant face à l’absurdité.
Peu à peu, gagnant en hauteur, pas après pas, la brume se désagrégeait en un entrelacement de volutes blanches, laissant entrevoir quelques rayons de soleil. Le sentier devenait de moins en moins marqué. A l’approche des sommets, le brouillard avait totalement disparu, mais le ciel restait couvert. Seuls quelques rayons de soleil parvenaient par instant à s’infiltrer et à procurer un instant de chaleur.
Quittant le chemin pierreux pour s’engager dans la prairie rase et douce sous les pas, il parcouru encore plusieurs centaines de mètres. Après une courte descente, il lui fallait maintenant grimper à nouveau pour rejoindre le grand rocher. Sous le sommet, ce grand rocher avait une forme étrange. Celle d’une matrice, à la fois douce et enveloppante, mais aussi celle d’un objet céleste.
A cette altitude régnait un froid intense. En cette fin de journée, le voile gris du ciel venait de ce rompre pour laisser l’herbe et les cailloux environnant inondés d’une douce lumière. Il sortit son duvet et s’installa, bien emmitouflé. Assis contre le grand rocher, face au soleil et aux innombrables sommets des alentours, il ferma les yeux. Ses joues étaient devenues insensible à la morsure de l’air glacé. Tout juste ressentait-il quelques piqûres. Peu à peu son esprit prit d’autres chemins, une grande lumière était visible au loin. Un tunnel de lumière en fait, dont le sol était un miroitement de mille scintillements, comme la surface d’un lac. Puis progressivement apparue une forme sur l’onde, petit à petit la forme d’une barque se précisa, manœuvrée par un homme, accompagné d’un chien.
Une douce chaleur et un grand sentiment de libération l’avait envahi. La sérénité, toujours fuyante, lui tendait enfin la main, souriante … »
Voici une suite proposée par Lubo et qui me convient bien ...
« … Le chien à trois têtes porta sur lui son regard fou-ironique-amical. L’homme à la barbe gris-cendre se pencha vers lui et tonna d’une voix forte et douce à la fois: « Tu es en avance…» Il le regarda sans comprendre. Alors le vieil homme ajouta : « J’ai d’autres clients qui sont atteint de mals bien plus incurables que la mélancolie, et puis d’ailleurs toi aussi tu as d’autres choses à faire… ». Il se réveilla alors d’un trait, le soleil s’était levé sur la montagne. Il ouvrit alors les yeux sur un jour nouveau. … »
19:00 Publié dans Émotion | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


Commentaires
De passage , je reviendrai il faut que je lise tout cela!
Ecrit par : den | lundi, 18 septembre 2006
Bien venu, Den.
Ecrit par : Quidam | lundi, 18 septembre 2006
Ce qui me semble être le plus fou dans le domaine des bactéries ,la capacité qu'ont (certaines?) bactéries primitives à fusionner l'une dans l'autre.
Ces bactéries primitives se mutiplient comme nous le savons, d'une en deux etc ... Qui plus est ,lorsqu'elles ont de la nourriture . Quand la famine commence à crier, elles ne meurent pas mais se fondent les unes dans les autres, en pratiquant l'inverse deux font une!
Elles diminuent leur population pour cause de famine en réalisant le chemin inverse de la multiplication.
Dingue,non!
Ecrit par : den | mercredi, 20 septembre 2006
Le chien à trois têtes porta sur lui son regard fou-ironique-amical.
L’homme à la barbe gris-cendre se pencha vers lui et tonna d’une voix forte et douce à la fois: « Tu es en avance… »
Il le regarda sans comprendre.
Alors le vieil homme ajouta : « J’ai d’autres clients qui sont atteint de mals bien plus incurables que la mélancolie, et puis d’ailleurs toi aussi tu as d’autres choses à faire… » .
Il se réveilla alors d’un trait, le soleil s’était levé sur la montagne.
Il ouvrit alors les yeux sur un jour nouveau.
Ecrit par : LuboMoravcik | vendredi, 22 septembre 2006
La suite que tu as écrite me botte Lubo. ;-)
Ecrit par : Quidam | samedi, 30 septembre 2006
Tu as l'air d'avoir passé des moments éprouvants en Afrique aussi je te souhaite un temps apaisant
amitiés
catherine
Ecrit par : catherine | vendredi, 06 octobre 2006
Merci Catherine, A+ ;-))
Ecrit par : Quidam | vendredi, 06 octobre 2006
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