mercredi, 09 août 2006
Violence et Politique.
Par définition, me semble-t-il, le pouvoir EST une expression de violence. Et dès lors, une entreprise de conquête de pouvoir, est par la force des choses une démarche de violence. Le désir d’exercice du pouvoir est un désir de violence.
De ce point de vue, la seule approche politique qui exclue la violence comme mode de gouvernement c’est l’anarchisme. Autorité EST violence. Le bannissement de la violence signifie donc l’extirpation de toute forme d’autorité.
Cela étant, la violence fait partie de l'humain, car la violence fait partie intégrante de la vie et de la nature. La mort est un processus violent. Or elle est, biologiquement le moteur de la vie. Sans mort, donc sans violence, il n’y aurait pas d’évolution, donc pas de vie. La chimie est violence. L’établissement d’une liaison entre d’eux atomes libère de l’énergie. Par définition, là encore, le dispersion de cette énergie est de la violence.
Dans l’espèce humaine, deux approches ont été développées pour canaliser, sinon supprimer la violence. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Ce sont la morale et le pouvoir.
La morale a pour objet de s’interdire volontairement l’usage de la violence. Le pouvoir est destiner à en légitimer l’usage de façon limitée et encadrée.
L’anarchisme impliquerait la prééminence absolue de la morale qui est une valeur transmise par l’éducation.
L’exercice du pouvoir, lui, est inscrit dans nos gènes. C’est l’agencement et les proportions de nos différents neuromédiateurs et de nos différentes hormones qui l’impulsent, seule la morale en bornant l’expression.
Les religions sont de ce point de vue la plus pernicieuse des créations de l’homme car non seulement elles légitiment l’exercice du pouvoir, et donc de la violence, par la morale, mais elles utilisent également la morale pour soumettrent les populations aux pouvoirs qu’elles génèrent. Et enfin elles inventent un divin, supranaturel, pour interdire aux sujets soumis aux pouvoirs qu’elles induisent, l’accès à la réflexion, seul processus biologique à même de permettre à l’humain de dominer et canaliser ses comportements induits par sa structure biologique cérébrale.
Vous aurez compris, à travers ce propos, pourquoi je suis fondamentalement un anarchiste de cœur, un farouche adversaire des religions sous quelques forme que ce soit et sans une once de respect pour aucune d’entre-elles, et enfin, au non du réalisme concernant la nature humaine, quelqu’un qui accepte l’existence de la notion d’État, donc d’une autorité, et d’un pouvoir délégué, mais à des gens dont il me semble que la morale est la moins éloignée possible de la mienne. Je peux vous assurer que ces gens là ne sont pas de droite …
Bon, c’était mon envolée philosophique du jour … ;-)
19:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


Commentaires
Si je comprend bien tu es un anarchiste foncièrement anti-violent, dès lors peut être devrais tu dire deux mots à tes camarades de politique qui n'ont pas habituellement ce qu'on peut considérer comme une attitude pacifique, bien au contraire!
Ecrit par : Boisgris | jeudi, 10 août 2006
Salut Ami,
D'abord, je n’ai pas de camarades politiques au sens ou je crois comprendre ton propos. Anarchie signifie simplement absence de pouvoir exercé sur des humains par d’autres humains.
Que certains aient considéré qu’il faille passer par la violence pour détruire les structures de pouvoirs, je le conçois volontiers et le comprends, sans forcément l’approuver, encore que parfois, à voir la violence faite par les institutions à nombres d’humains, la question mérite d’être posée. Cela étant, c’est leur affaire.
Ecrit par : Quidam | jeudi, 10 août 2006
J'aime bien ton texte. Ca me fait penser à un texte mis sur le blog de DSK par un certain LuboMoravicks où il parlait d'Henri Laborit, "brillant" scientifique, qui lie biologie et sociologie.
Ecrit par : Pablo | dimanche, 13 août 2006
Salut Pablo. Si tu lis mon petit bouquin "Histoires de famille", tu verras que j'y cite Henri LABORIT.
Il a également inspiré un avant propos dans ma thèse de Pharmacie qui faisait presque un tiers du mémoire. La plupart des membres du jury en avaient apprécié le contenu philosophique sauf un, médecin, qui estimait que la philo n’avait rien à faire en sciences. Un mec qui avait tout compris quoi.
En DEA, à Strasbourg, après mon diplôme de pharmacie, j’ai eu comme Prof un ancien élève de LABORIT, en fait le mec qui a synthétisé les molécules étudiées par LABORIT, WERMUTH, un pharmacien. Bref, pendant mes années de thèse, les bouquins de LABORIT ont été sur ma table de chevet. Si je n’avais pas bifurqué vers l’informatique et si j’avais continué en pharmacochimie, j’aurais demandé à WERMUTH de solliciter Henri LABORIT pour mon jury de thèse de science, quoi qu’il fût déjà bien âgé à l’époque, mais j’ai toujours été un grand rêveur. Je n’ai donc que frôler LABORIT, sans pouvoir l’approcher pour de bon.
Ecrit par : Quidam | dimanche, 13 août 2006
Salut Quidam,
Je ne connais pas exactement les recherches de Labourit. Je sais juste que c'était un biologiste qui savait penser sa science avec conscience ;-) J'ai emprunté à une cousine un livre de Labourit, c'est "Eloge de la fuite"...le titre m'avait intéressé. Par manque de courage, je ne l'ai que feuilleter (mais je l'ai toujours lol).
Je suis en train de commencer à lire ton petit bouquin. Quand j'ai visité ton blog la première fois, j'avais pas vu qu'on pouvait ouvrir un fichier en cliquant sur le lien (en fait j'avais pas vu le lien ^^). Je le lirai par petits bouts.
J'aime bien ton site, comme celui de Cat et de Cyp où je ne poste plus trop souvent ces derniers temps... ça n'empeche pas que je vous aprécie bcp.
J'ai lu le post sur la disparition de ta belle mère en montagne... et Sélène a dit les mots qu'il fallait, je ne saurai dire mieux. Faisant un peu de rando avec des collègues l'été dans les Pyrénées, je me sens un peu concerné... T_T
As tu des nouvelles de Rebelle ? Je lui enverrai surement un mail à la rentrée...
A bientôt.
Ecrit par : Pablo | lundi, 14 août 2006
Dernier petit post por la soirée... comme scientifique qui fait fait de la science avec conscience (lol) il y a aussi Albert Jacquard. J'en ais entendu parlé lors d'un stage de prépartion aux concours sciences po Toulouse...
Ecrit par : Pablo | lundi, 14 août 2006
LABORIT était médecin militaire, il a fini général, je crois. C’est l’état de choc des blessés de guerre qui l’a interpellé et qui l’a poussé à devenir chercheur, car l’état de choc, qui est un mécanisme naturel de défense du corps face à un traumatisme, se révèle, dans le cadre de notre médecine d’urgence souvent pire que le traumatisme lui-même. D’autre part, pour un militaire, chose assez amusante, il ne supportait pas l’autorité, ce qui paradoxalement lui a permis de jouir d’une grande liberté pour ces recherches, il était trop brillant pour être viré et trop chiant pour sa hiérarchie. Ce doit être un cas assez unique dans les annales militaires françaises.
Ecrit par : Quidam | lundi, 14 août 2006
LA RELIGION EST UN VIOL DE LA PENSEE .
Pour cette raison on viole trés jeune ,avant sa propre reflexion.
Ceci dit, nous sommes nombreux pour avoir réfléchi ! Cependant ,loin du compte!
Une étude montre que les scientifiques sont loin d'avoir viré dieu et les religions de leur pensée!
Etonnant!
Ecrit par : den | lundi, 18 septembre 2006
Les scientifiques et dieu (la majuscule me reste en travers du clavier), un point qui m'a toujours laissé très perplexe.
Je comprends le besoin de l'homme d'avoir dieu pour expliquer l'inexplicable, mais je ne comprends pas qu’un scientifique ne puisse accepter l’inexplicable sans devoir recourir à dieu.
C’est là, pour moi, un des grands mystères de la nature humaine …
Quant aux religions, c’est ce qui m’effraie le plus dans notre monde d’aujourd’hui.
Ecrit par : Quidam | lundi, 18 septembre 2006
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